Présentation de la préfecture
La préfecture de Tarn-et-Garonne, une création de Napoléon 1er...
La révolution devait apporter aux Montalbanais une bien cruelle déconvenue. En 1790, lorsqu'ils eurent à dessiner les nouveaux départements et leur attribuer une capitale, les députés de l'Assemblée Constituante se contentèrent de scinder l'ancienne généralité de Montauban en deux, Rouergue et Quercy, en changeant seulement le nom, pour créer l'Aveyron et le Lot.
A la tête de ce dernier, on préféra finalement Cahors à Montauban qui occupait une place trop excentrée. Voici donc la ville amenée au rang de chef-lieu de district, puis de sous-préfecture du Lot, sur le même pied que de simples bourgades comme Lauzerte ou Martel.
Il faudra attendre le passage de Napoléon dans la région, entre deux séjours en Espagne, pour mettre fin à cette situation préjudiciable. Déjà en juin 1806, une délégation de Montalbanais dirigée par le maire, Vialètes de Mortarieu, avait été reçue par l'empereur à Saint-Cloud. Celui-ci avait écouté leur requête et promis de s'arrêter dans leur ville dès que l'occasion se présenterait. Deux ans plus tard effectivement, venu de Toulouse en compagnie de Joséphine, Napoléon passe la plus grande partie de la journée du 28 juillet 1808 à Montauban. Visitant la ville à cheval, il reçoit partout un accueil triomphal. Et il veut bien déclarer, à son départ :
"Je suis satisfait de l'amour que m'ont témoigné mes fidèles sujets de ma bonne ville de Montauban. J'ai vu avec peine les pertes qu'elle a éprouvées. Je la rétablirai dans ses droits . Vous pouvez la regarder comme chef-lieu de département et je la mettrai au rang des principales villes de mon Empire."
L'empereur tint parole. Le décret impérial signé au camp de Burgos en Espagne, le 21 novembre 1808, organisait le nouveau département, créé aux dépens de ses voisins, le Lot surtout, mais aussi l'Aveyron, la Haute-Garonne, le Gers et le Lot-et-Garonne.
Avec 3 730 km², il était le plus petit des départements français après celui de la Seine. Il comptait 228 330 habitants en 1810. Le premier préfet, le baron Lepéletier d'Aunay, âgé de vingt six ans, s'installa tout naturellement dans le palais des Intendants. Historique du bâtiment En août 1777, la ville de Montauban avait fait l'acquisition d'un bâtiment appartenant à M. Prat-Dumiral, médecin montalbanais qui mourut avant d'en avoir terminé la construction. Cet édifice fut acheté pour permettre le logement de l’intendant et de ses services. A ce moment, l'intendance était composée d'un corps de bâtiment à deux étages et d'une seule aile. A la Révolution, l'hôtel de l'intendance resta inoccupé après le départ de Daniel Victor de Trimond, dernier intendant en poste avant la suppression de cette charge. Le 12 thermidor an IV, l'édifice fut vendu comme bien national. Différents propriétaires se succédèrent. C'est dans cet hôtel que Napoléon fut reçu le 28 juillet 1808 lors de sa visite à Montauban. Peu de temps après, le Tarn-et-Garonne étant créé, un préfet nommé, il fallait un hôtel de préfecture. Rachetée le 29 juin 1809, l'ancienne intendance retrouvait, après avoir été propriété privée pendant quelques années, son rôle administratif. En 1822, l'aile gauche fut construite par l'architecte Couderc. Un projet d'agrandissement conçu en 1866 et réalisé en 1875 permit le doublement de l'aile gauche, la réalisation des toitures d'ardoises, de la grille de la cour d'honneur et des décors en pierre de Périgueux qui lui donnent son aspect actuel.
De 1978 à nos jours...
Un siècle plus tard en 1978, les services préfectoraux quittèrent l'hôtel des Intendants pour emménager, quartier Montauriol, dans un bâtiment édifié à leur intention. La résidence du préfet restait l'ex-intendance. Après la décentralisation de 1982, l'idée s'imposa de séparer les services de l'Etat et ceux du département qui cohabitaient depuis sur le site de Montauriol. Une convention Etat-département permit la cession, par le conseil général, du site de l'hôtel des Intendants à l'Etat, le conseil général récupérant, pour ses services, celui de Montauriol... La préfecture devait alors récupérer son ancienne adresse et promouvoir une extension de ses bâtiments par le cabinet d'architectes Gouvy, Grima et Rames. Le 2 février 2004, la nouvelle préfecture de Tarn-et-Garonne, fut inaugurée par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.