Le département gravement affecté par la fièvre catarrhale ovine
Le département gravement affecté par la fièvre catarrhale ovine
En ce début d’automne 2008, la fièvre catarrhale ovine de serotype 1 affecte durement le département de Tarn et Garonne. Avec à la date du 26 septembre 180 cas de suspicions cliniques, dont une cinquantaine fait déjà l’objet de déclaration de foyers et 26 confirmations par le laboratoire de référence national (AFSSA Maison Alfort), le département est désormais le plus touché par ce serotype dans la région Midi-Pyrénées après la Haute Garonne et l’Ariège, qui comptabilisent chacun environ un millier de cas.
Bien que la maladie n’ait absolument aucune incidence sur la santé humaine, elle est devenue un enjeu économique primordial pour le département, du fait des pertes occasionnées dans les cheptels de ruminants, à la fois par les mortalités provoquées et les conséquences indirectes sanitaires (retards de croissance, baisses de production, infertilités, avortements…) et commerciales (limitations de mouvements des animaux, interdiction des animaux non valablement vaccinés pour les échanges internationaux).
Afin de pallier cette épizootie majeure, le département a été intégralement réglementé à la fin du mois d’août (il l’était déjà vis à vis du serotype 8 depuis fin avril 2008). En corollaire, il s’est vu affecter début septembre, de par la stratégie nationale menée par le Ministère de l’agriculture et de la pêche, un contingent de doses vaccinales suffisant pour vacciner l’intégralité des cheptels bovins, ovins et caprins (2 fois 130000 animaux) contre le serotype 1.
La fourniture de vaccins contre le serotype 8 au cours de ce printemps a permis d’éviter l’autre phénomène de grande ampleur que connaissent beaucoup de départements livrés plus tardivement (plus de 16000 foyers de fièvre catarrhale serotype 8 en France, 1 seul en Tarn et Garonne, sur des animaux non encore vaccinés contre le serotype 8). Mais les vaccins n’offrent aucune protection croisée entre les différents serotypes et l’avancée par l’Ouest du serotype 1 au mois d’août s’est faite sur un cheptel départemental non protégé.
Les vétérinaires, agissant pour le compte de l’Etat dans le cadre du mandat sanitaire, doivent à la fois gérer les suspicions cliniques qui se multiplient, soigner les animaux atteints et avancer le programme de vaccination contre le serotype 1. La situation restera donc préoccupante jusqu’à une chute de température extérieure suffisante pour provoquer l’inactivation du moucheron vecteur de cette maladie virale.
D’ici là, des efforts conséquents sont menés sur le terrain pour juguler la maladie. Dans les périmètres interdits installés autour des foyers et qui couvrent désormais l’essentiel du département, il est obligatoire de désinsectiser les animaux sensibles (avec dérogation possible pour les chèvres laitières). La désinsectisation constitue la mesure la plus efficace pour limiter l’extension de la maladie sur un territoire déjà infecté mais non encore intégralement vacciné. Dans les foyers, les animaux sensibles ne peuvent plus sortir de l’exploitation à destination de l’élevage s’ils ne sont pas valablement vaccinés.
Il est rappelé que l’Etat participe à la campagne de vaccination en fournissant gratuitement les vaccins nécessaires, et en subventionnant les injections de vaccins réalisées par le vétérinaire sanitaire choisi par l’exploitant à hauteur de 50% du coût hors taxes, plafonné à 2€ par bovin et par serotype (donc 4€ pour les 2 serotypes 1 et 8), et 0,75€ par petit ruminant et par serotype.
Les éleveurs professionnels sont invités à déclarer toute suspicion auprès de leur vétérinaire sanitaire, ce qui leur permettra de bénéficier des aides d’Etat à la mortalité:
Bovins : 100 € (veaux de races laitières de moins de 8 mois), 228,67 € (autres bovins)
Ovins-Caprins 45,73 € (ovins, caprins non inscrits UPRA), 91,47 € (ovins, caprins inscrits UPRA),
et de faire euthanasier gratuitement les animaux souffrants (l’Etat paye l’acte d’euthanasie directement au vétérinaire sanitaire).
Les dossiers de déclaration de mortalité sont à remettre à l’Association de Lutte contre les Maladies Animales qui assure leur recevabilité avant transmission pour paiement à la Direction départementale des services vétérinaires.
Les possesseurs amateurs de petits ruminants sont invités à déclarer leur cheptel (même un seul animal) à l’Etablissement Départemental de l’Elevage, service de la Chambre d’Agriculture, à identifier leurs animaux conformément à la réglementation en vigueur, et à désigner un vétérinaire sanitaire pour suivre leur cheptel (contacter la Direction départementale des services vétérinaires). A ces conditions, qui sont obligatoires, les éventuelles mortalités et le subventionnement de la vaccination pourront être pris en charge par l’Etat.